La lettre z est la première lettre de l’abécédaire à l’envers de La distillerie de mots.
Au fil des semaines à venir, vous pourrez découvrir les autres lettres de ce lire à rebours.

 

PRONUNCIAMIENTO D’UNE ARMÉE DE CARACTÈRES CONTRE LA ZIZANIE EN QUELQUES ONZAINES DE Z ?


Zanzibar, ici à l’est des côtes tanzaniennes ; à une de ces z’heures maussades peu recommandables quand les nuits et brouillards se prennent pour des zèbres et qu’il fait soif de cessez-le-feu. Mon seul ami d’ailleurs s’appelle Zorba, hors pair désuet tireur des élites pourtant il ne se souvient plus trop où il est né. Alzheimer tendance démence a dit le toubib. Zorba est né sur les rives du fleuve Congo, mais Kinshassa ou Brazzaville ? Pfeu, il ne sait plus. Ni même en quelle année il est né, il se perd dans les cercles vicieux des z. Je zigzague, un zimadori zinger dans le nez, histoire de réfléchir à comment dézinguer un zigoto zombi pourtant encore vivant qui fait le zouave avec des zozos tant convaincus que muselés qu’incrédules dont les chars affichent la lettre z ; la même lettre, zêta en Grec — il est vivant — aussi symbole de la volonté de résistance contre ceux qui voulaient faire subir à leurs semblables un ordre unilatéral impérieux. Mais contesté. En Grèce. 1963. Zut, deux z s’opposent ostensiblement. Le second z, pas cyrilique pour un sou, voudrait-il dire il va mourir ? D’aucuns ici me surnomment ZZpastop. Parce que mon chapeau bronze et que je n’arbore ni barbe ni musicalité. Piètre mais pas mièvre zeugma. Ne resterait-il plus qu’à envoyer en baroud des troupes de mots fortement armées d’humanité ? Des adjectifs virurapides, des injonctions injectives de tolérance, tout comme des caractères qui en ont et quelques quadras teints d’insubordination. Mais aussi des impératifs : résistez, vitupérez, protestez, tempêtez, refusez, repoussez, regimbez. Ne pliez pas. Et un point final en guise de feu sans artifice. Comment rester zen dans cette zizanie ? Comment zapper ? Comment faire face au raz ? Dommage que la fusée Soyouz n’ait pas envoyé en orbite, na-guerre, depuis le Kazakhstan, tous les zautocrates. Je zone tous azimuts pour trouver un zorro rusé dans un troquet qui sera contestablement bizarre, accouder mon âme à un zinc en zircon aux zébrures zibeliniesques, ici, en cette zone ni euro ni roublesque et payer en zloty aux odeurs de zinnias une pizza quatre saisons —puissent-elles être cinq — et zibuler une zythum bien fraîche. Un zorro salé d’un tarzan pas zéro que je fouine, qui saura viser comme une biathlète. Presqu’au rythme d’un jazz un peu Dizzy Gillespie. J’allume une clope, mon zippo azurin vire zinzin à cause du zéphyr. Resterait-il un zeste de bonté aux soit-disant pas fines-fleurs, là-bas au nord du nord de la mer d’Azov mais aussi au sud du nord, à l’est de l’ouest ? Le soleil n’est plus au zénith sans Pétersbourg. Mais Dersou Ouzala, Hezhen capitaine d’amitié de la taïga. Sibérifié par ce désastre je grelote d’horreur au chaud, hume une odeur de vie parfum Zut en zézayant ces quelques mots de Boris Vian de Je voudrais pas crever : Et il y a z aussi tout ce que je connais le fond vert de la mer où valsent les brins d'algue sur le sable ondulé.

P.A.