SÉBASTIEN TONDEUR

extraits

Le lever de Sébastien Tondeur devance souvent celui du soleil.

 

Histoire de prendre de l’avance.

Depuis quelques décennies, les deux protagonistes s’adonnent à une course-poursuite autour de la Terre. Pour être heureux – car c’est d’abord de cela dont il est question –, Sébastien Tondeur a besoin de contrôler le temps et l’espace. Ce qui présente également quelques avantages pour son métier.

En effet, Sébastien se lève chaque matin à la tête de mci group, présent en 2022 dans 31 pays sur les 5 continents. On disait jadis du Saint Empire de Charles Quint ou du Commonwealth qu’ils étaient de ces « empires où le soleil ne se couche jamais ».

La journée commence ainsi : une pression sur le bouton off du réveil, puis sur le bouton on de Sébastien. Puis sur la cafetière. Un café accompagné d’une revue de presse internationale. Une heure à parcourir le globe du bout des doigts. Sur sa table genevoise sont convoquées les revues numériques européennes, américaines ou asiatiques. Au menu : actualités économiques, sociales, sportives, lifestyle. La vision du jour naissant se doit d’être holistique, d’en embrasser toutes les facettes.

Je prends le pouls.

S’ensuit une séance de sport. Douche. Première séance de travail : réponses aux mails venus d’autres méridiens, dans un style efficace, laconique. Il faut que ça aille vite, le soleil est déjà là.

......

Où l’histoire de Sébastien Tondeur prend-elle racine ?

Chez ce grand-père dirigeant dans l’industrie du voyage ?

Chez ce père entrepreneur, pionnier de l’évènementiel ?

Chez ses parents qui tous deux quittèrent très tôt leur foyer pour se tracer un destin, choisir leur bonheur ?

Et pourquoi pas dans la communauté hippie dans laquelle il vécut enfant ?

L’histoire prend racine dans chacune de ces sources, et sans nul doute dans ses premiers voyages en Amérique du Nord. Il y eut d’abord tous ces étés passés chez ses grands-parents de Montréal… Aux abords du Saint-Laurent, l’air diffère de celui du Vieux Continent, semble drainer depuis les vastes étendues vierges un souffle de liberté, de possibilités.

Puis vint cet autre voyage, chez cette tante qui vit dans un ailleurs ensoleillé. Sur le garçon d’une dizaine d’années s’empreint alors une marque indélébile en forme d’idéal : la Californie. L’image d’Épinal a des airs de carte postale de la ville des anges. La Californie, cette terre de rêves exaucés, où le bonheur semble maîtrisé comme le script d’une série américaine, au ronronnement des hot rod, à l’ombre des palmiers ; la Californie, là où conquête de l’Ouest et ruée vers l’or s’achèvent, là où le soleil, ce rival et complice, offre le spectacle de sa chute dans l’océan. Sans oublier les westerns, à commencer par les aventures de Winnetou, ce chef indien charismatique qui succède à son père à la tête du clan…

 

Voilà autant de points de départ pour Sébastien.

Avant le véritable départ, à 18 ans. Quand Sébastien prend le contrôle de sa vie, son espace et son temps.

S.G.